Un safe space n'est pas un lieu. C'est une manière d'être, un état qui émerge et qui se propage. Son origine vient d’une nécessité des personnes LGBTQ+ de se soutenir mutuellement contre une société qui les invisibilise et les déshumanise. Ce rituel repose sur les défis d’un travail collectif - une négociation constante du soi en relation à l’autre. Dans notre safe space émerge le potentiel d’une liberté d’expression authentique et fluide. Nous établissons de solides fondations de confiance afin d'encourager la prise de risques, sortir de nos zones de confort et se tenir mutuellement responsable. Le sentiment de sécurité est subjectif. Les personnes qui se moquent du safe space sont souvent les mêmes qui peuvent prendre le sentiment de sécurité pour acquis. L’idée que le safe space censure, exclut et persécute la différence est fausse. Le safe space condamne plutôt la violence et la discrimination. La différence est encouragée, mais dans le respect d’autrui. Nos rassemblements sont des lieux d’écoute mutuelle, de réciprocité, de bienveillance tout en y accueillant les désaccords et la différence.



            On parle de safe(rrrrr) space quand on réalise qu’un ultime safe space n’existera jamais. Le « R » de ‘safer space’ prend soudainement une signification importante. On peut alors mettre en comparaison notre idéal utopique d’un monde inclusif et sécuritaire pour tous·tes, contre les réalités actuelles qui sont encore loin d’exemplifier des pratiques d’équités, de bienveillance et de tolérance face à celles et ceux que leurs perception d’être humain·e ne se conforme pas aux attentes colonialistes de la société. Un environnement sécuritaire où le système nerveux des identités marginalisées n’est plus jamais activé par des dangers, que ceux-ci soient réels ou imaginés, n’existe pas encore. L’oppression systémique de l’hétéropatriarcat, du néo-colonialisme et le traumatisme intergénérationel qui s’en suit sont encore trop présent aujourd’hui.                                    

Plus on s’imagine un corps en paix, en sécurité dans un confort partagé, plus on réalise que ce n’est pas ce que l’on recherche. Quoi que la quête d’un sentiment de sécurité est une quête noble et valide, désirer la destruction de tout danger insinuerait de s’habituer à un environnement qui encourage un processus de se complaire dans une paresse intellectuellen et surtout, sensorielle. 
De toute façon, le sentiment de danger n’est pas quelque chose qui est possible à annihiler. En d’autres mots, un sens du danger sera toujours présent et nous ne cherchons pas à le camoufler derrière des allures de bien-être, d’espaces coussinés et d’illusions d’un paradis terrestre.


Vivre aujourd’hui  exige une présence du moment présent.
Vivre aujourd’hui exige une conscientisation des systèmes oppressifs du monde actuel.
Vivre aujourd’hui exige de 


Le mon




            Nous soutenons que la défintion de queer ne peut être fixe, et se doit donc de rester nébuleuse, fluide, changeante et multiple. Queer est essentiellement la pratique constante et l’incarnation-même d’une remise en question de l’identité, des constructions sociales du ‘normal’ : nos modes de communication, nos logiques, nos désirs, nos structures d’influence et nos manières d’aimer.